Accros à la voiture

J'observe avec un certain effarement la mobilisation générale qui se prépare pour le 17 novembre, en comptant les gilets fluorescents sur les tableaux de bord.

Manif contre le prix des carburants, mouvement du 17 novembre : "m'en fous j'ai la clim... et mon pouvoir d'achat"

Le cœur des revendications est le prix des carburants à la pompe.
Avec mes bonnes notions de psychologie de comptoir, j'accorde à mes compatriotes le bénéfice du doute suivant : on va dire que les gens sont de mauvaise humeur. L'été indien est fini, le start-up président a définitivement perdu son bronzage ni-de-gauche-ni-de-droite, bref c'est le moment idéal pour râler un brin, et ma foi ce motif bagnolesque est au final un prétexte consensuel pour que beaucoup s'y retrouvent et s'y tiennent chaud.

Personnellement, je suis fier de vivre dans un pays ou l'essence n'est pas donnée.

Je serai encore plus fier si les milliards ainsi récoltés étaient légitimement consacrés à la recherche et au développement d'alternatives aux carburants fossiles mais enfin... Le fait que les carburants soient lourdement taxés est déjà une mesure environnementale en soi. Certes peu imaginative à mettre en place, mais qui mécaniquement incite chacun à réfléchir aux alternatives : covoiturage, transport en commun, scooter, vélo ?

Manif contre le prix des carburants, mouvement du 17 novembre : "Gégé, mouru mais AVEC son pouvoir d'achat"C'est ce prix élevé depuis un moment déjà, allié à quelques autres mesures, qui fait que notre pays pratique le covoiturage, que les transports en commun sont développés, que les constructeurs automobiles se creusent la tête pour consommer moins & le mettent en avant dans leurs (nombreuses) pubs.
A l'inverse, dans les pays "développés" où l'essence est bon marché, le parc automobile regorge de péniches et gros joujous de 2 tonnes qui consomment 20L tous les 100Km, que les gens démarrent pour un oui pour un non, pour aller au coin de la rue ou juste passer le temps, tout en regardant de haut les "malheureux" qui font différemment.

Je ne pense pas que nous autres humains puissions survivre aux crises majeures qui pointent à l'horizon sans que lors du processus, par moments, ça pique un peu. Le prix des carburants en est un excellent exemple, peut être le meilleur . Car c'est en bonne partie de l'abus de tous ces carburants fossiles (fioul, charbon, essence...) que notre civilisation risque de mourir.

Habitant moi-même à la campagne, j'entends de près la douleur des ruraux qui n'ont "quasiment aucun transport en commun, un boulot loin, que des collègues trop insupportables pour covoiturer, aucune envie de passer au scooter ni de pédaler "... Camarades des champs, comment pouvez-vous être si nombreux à être si sûrs de n'avoir aucune solution ?

Aux quelques uns qui sont effectivement dans ce cas-là (hein Rosy) je souhaite que leur obligation de rouler soit reconnue et prise en compte sous une forme ou une autre (déduction d'impôt ?) ... mais dans tous les cas une minorité ne saurait servir de prétexte pour que la majorité qui pourrait faire un effort s'en dispense.

J'ai suffisamment de points de désaccord avec le gouvernement pour les soutenir sur celui-là :
Le 17 novembre il se passera ce qui se passera, mais j'espère que le gouvernement ne lâchera rien .

En 2018, se déplacer seul dans un véhicule de + d'une tonne est un luxe au détriment de la planète, et j'espère bien que ça coûte cher.

Pour terminer sur une note moins polémique, ce serait bien que ces histoires de transport ouvrent le débat sur le télétravail, sujet sur lequel la France est sérieusement arriérée : combien de milliards de bornes pourraient être économisés si on laissait les gens qui le peuvent bosser de chez eux, ne serait-ce qu'un jour par semaine ?

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